M+1

Déjà 1 mois… L’inconvénient de ces articles réguliers est que nous nous rendons compte beaucoup trop facilement que le temps passe TROP vite …!

Nos missions avancent bien. Miren et Laure mettent en place la stratégie qu’elles ont tirée de leurs analyses. Les 2 idées principales sont d’inciter les clients à recommander BIVE et à utiliser le service proposé par le social business. Tout doit être mis en place avant notre départ, le temps presse donc ! Candice quant à elle, présente les solutions de financement internationales qu’elle a trouvé et les met en place.

Notre intégration à Manizales est à présent complète :

  • Au boulot, nous avons « parfaitement compris le système colombien » selon notre boss
  • En dehors :
    •  Nous avons déniché notre nouveau QG : un bar avec des Happy Hours très efficaces dans lequel nous avons le droit de choisir 4 chansons (un peu de musique connue / française / commerciale ne fait pas de mal !)
    • Nous dansons sans problème dans les salsotecas (boîtes de nuit dédiées à la Salsa, Reggeaton, Merengue, Bachata, Salsa Choke). La danse est notre nouveau moyen de musculation, ouille aïe que ca fait mal ! Nous avons trouvé des cavaliers hors pairs, dont notre prof de salsa qui passe à la pratique le vendredi soir après nous avoir enseigné la théorie le jeudi.
    •  Et nous nous sommes également très bien intégrées d’un point de vue culinaire ! Nous avons en effet oublié de vous mentionner Mariellita, la personne que nous allons pleurer lors de notre départ. Mariellita est la cuisinière de la maison Grameen (où nous vivons et travaillons pour rappel). C’est elle qui prépare nos petit déjeuners (arepa et œufs brouillés avec tomates et poireaux ou pancakes avec fraises, mangues, bananes et kiwi) et déjeuners que nous aurons du mal à vous décrire puisque nous n’avons pas encore eu 2 fois le même repas depuis 1 mois ! Une chose est sure, ils sont très copieux. C’est donc grâce à elle que nous découvrons la cuisine colombienne que nous apprécions grandement !

Laure, du haut de son mètre 79 a cependant du mal à se fondre dans la masse, répondant aux surnoms de « la mas alta » ou encore « your highness » …  Eh oui, les colombiens sont petits, et même très petits lorsqu’on arrive en zone rurale. Laure est également la grande survivante puisqu’elle n’a pas encore eu à faire appel au médecin de BIVE (le co-fondateur de BIVE) ! (NDLR : lors de la rédaction de ce post, ce fut chose faite. Jamais 2 sans 3 !)

Nous avons vécu ce week-end une expérience très enrichissante. Nous avons fait du tourisme solidaire à Hojas Anchas. L’idée du tourisme solidaire est de dormir chez l’habitant pour vivre la vraie Colombie et de payer un prix un peu plus élevé que la normale pour participer au développement économique de la famille qui nous accueille. Hojas Anchas est situé au milieu des montagnes, à 3 heures de transport dont 1h30 dans une « Chiva ». Qu’est ce qu’une Chiva ? C’est une sorte de 4×4 géant des années 50 qui transporte une trentaine de personnes et des marchandises. Une fois arrivée en bus à Supia, nous avons donc pris une Chiva pour sortir de la « ville » et gravir les montagnes sur des chemins de terre accidentés de trous et de pierres. L’expérience de la Chiva fut plus enrichissante au retour puisque nous sommes montées sur le toit (où les colombiens mettent normalement les marchandises), c’est-à-dire à 3 mètres du sol, pour pouvoir profiter pleinement des paysages et il faut le dire, avoir des sensations fortes ! Nous n’avons pas été déçues et avons failli passer plusieurs fois par-dessus bord / dégringoler dans les précipices qui longeaient le chemin (ne vous en faites pas, papa, maman, nous sommes très prudentes !) ! Un colombien était assis à nos côtés et ne comprenait pas comment nous faisions pour bouger autant. Nous ne comprenions pas non plus comment il faisait pour rester aussi stable… Disons qu’il s’est beaucoup entrainé ! La Chiva fait beaucoup d’arrêts sur le chemin puisque de nombreuses maisons s’y trouvent, éloignées de tout. Elle permet de livrer les commandes de planches de certains ou les œufs des autres.

Marché de Supia

Cireur de chaussures à Supia

Vendeur de fruits à Supia

Miren la star devant la Chiva !

Vue depuis la Chiva

Bref nous avons fini par arriver à Hojas Anchas où deux familles nous attendaient. Candice et Miren ont été accueillies dans une maison dans laquelle 4 générations étaient représentées : l’arrière grand-mère de 83 ans, la grand-mère de 50 ans, la fille de 26 et les 2 enfants, de 5 ans et  11 mois. L’arrière grand-mère a  fasciné notre week-end. D’apparence plus agée, comme vous pourrez le constater sur la photo, elle a eu une vie très difficile, mais pleine d’amour et de santé. Notre Dame est une force de la nature : aguerrie par le temps, elle passe sa journée à marcher. Née d’une famille de 10 enfants, elle perdit sa mère à 15 ans. 3ème de la famille, elle dut prendre en charge ses 6 frères et sœurs jusqu’à 22 ans, âge auquel elle se maria. Elle eut à son tour 9 enfants, et eut le malheur de vivre la perte de 3 d’entre eux, de maladie, mais aussi à cause d’un règlement de compte entre gangs à Medellin. Elle est la mémoire du village, sorte de totem vivant, inébranlable, la clope toujours au bec. Elle, se souvient plus que tous les autres des années sombres des FARCs jusqu’au début des années 2000, des intimidations des libéraux, des vols, des meurtres, des impôts révolutionnaires, de la terreur.  Elle nous a également rappelé que dans ce village isolé dans les montagnes colombiennes, le temps se retrouve comme figé. L’information circule donc peu : elle n’a par exemple appris l’existence de la 2nde Guerre Mondiale qu’à la fin des années 60.

Photo de famille !

Laure et Cécile (une autre volontaire française de 26 ans arrivée en début de semaine) ont atterri dans la maison de Carlos, certainement l’homme le plus actif du village. Carlos a 32 ans, sa femme 31 ans et leurs 2 enfants 12 et 6 ans. Carlos a été élevé à Hojas Anchas par sa tante après avoir perdu ses parents très jeune. Il est ensuite parti à Manizales pour travailler et gagner de l’argent afin d’en envoyer à sa famille restée au village. Son premier enfant, Juan, est tombé rapidement malade « à cause de la pollution » – il faut dire que Manizales est une ville assez polluée, les bus, voitures et motos rejettent de gros nuages noirs. Il faisait des crises d’asthmes à répétition. Ne voyant pas l’intérêt de dépenser l’argent supplémentaire qu’il gagnait en étant à Manizales (par rapport à celui qu’il aurait gagné à Hojas Anchas) dans les frais médicaux de son fils, il a décidé de rentrer à Hojas Anchas pour lui offrir un bol d’air frais. Carlos est responsable du programme de tourisme solidaire d’Hojas Anchas (mis en place par Ruralive, un social business de Grameen Caldas). Il a également repris des études dans la ville d’à côté il y a peu (grâce à l’argent des hôtes), cultive des terres en associations avec 20 autres personnes (par manque de temps et argent), les terres héritées de ses grands-parents, élève 700 truites dans des étangs construits grâce aux revenus rapportés par la culture de Grenadine et élève également des cochons. Il cultive aussi un potager personnel pour pouvoir revendre ses produits sur le marché. Il a installé, il y a 1 mois, un système de récupération de gaz naturel produit grâce aux excréments de ses cochons (les restes lui servant d’engrais). Un vrai cercle vertueux et un homme très occupé- il faut savoir que la plupart des hommes du village travaillent dans les mines d’or situées à proximité du village ou dans le campo (la campagne). Sa femme cuisine et accueille les hôtes (environ 1 couple toutes les 2 semaines).

Carlos et sa famille ou Laure chez les minimoys !

Maison de Carlos et sa famille

Le samedi, nous avons commencé par déjeuner avec nos familles avant de jouer au foot avec les enfants du village, ravis de notre venue ! Nous sommes ensuite allées nous promener avec l’arrière grand-mère ainsi que Juan et Fernando (12 et 10 ans) dans le but de voir une cascade ainsi que des paysages toujours aussi jolis ! Diner avec les familles puis… soirée dans LE bar du village ! Nous avons été accueillies comme des reines avec des shots d’Aguardiente (et non agua caliente. Nous avons mis 2 semaines à savoir comme ça se prononçait et s’écrivait). Nous n’avons pas eu une seconde pour nous en 4 heures, chaque homme du village nous invitant à danser plusieurs fois, certainement contents de voir de nouvelles personnes arriver dans le village. Il faut savoir qu’à Hojas Anchas, tout le monde est cousin, oncle, neveux, etc de tout le monde. Les enfants étaient de la partie également, même ceux de 11 mois ! Ils nous ont d’ailleurs impressionnés par leur déhanché et leur sens du rythme, ce n’était certainement pas la première fois qu’ils venaient dans ce bar.

Pause devant la cascade avec Juan et Fernando

Le dimanche, nous sommes allées en moto, accompagnées par 4 garçons du village dont Carlos, dans la « ville » d’à côté : Caramanta. Cette ville est très colorée et remplie de charme. Des motos (principal moyen de transport), des chevaux et des voitures déambulent dans les mêmes rues. Cette ancienne ville-étape entre Manizales et Medellin a souffert de l’ouverture d’une voie plus rapide, l’isolant économiquement. Les personnes à chevaux étant souvent des paysans des alentours venus livrer leurs produits.

Les rideuses !

Rue de Caramanta

Les 3 moyens de transport

Chevaux déhambulant à Caramanta

Chevaux déhambulant à Caramanta

En conclusion, c’était un week-end très enrichissant et nous en sommes revenues la tête remplie d’images !

A bientôt pour de nouvelles aventures !

Laure, Miren et Candice

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