À la découverte de la forêt amazonienne et de ses richesses !

Comme nous vous l’avions mentionné dans notre précédent article, nous sommes bien toutes les 3 arrivées dans le Nord du Pérou ou plutôt dans la « selva péruvienne », autrement dit la forêt amazonienne ! Après quelques petites turistas, des hurlements face à des cafards plus gros qu’un pouce, la découverte des mototaxis (principal moyen de transport à Juanjui dont vous pourrez voir une photo ci-dessous), quelques séances de déambulation dans des rues en terre battue, la révélation que nous n’aurons jamais d’eau chaude, et encore, nous avons presque l’eau courante, nous sommes chanceuses, nous nous sommes très bien habituées à ce nouveau rythme de vie, cette ville et ses environs, remplis de charme et très dépaysants !

Les fameux mototaxis

Nous avons été envoyées à Juanjui par l’intermédiaire de Pur Projet, une entreprise française, pour appuyer la FUNDAVI (Fundación Amazonia Viva). Pur Projet est un collectif qui accompagne les entreprises dans l’intégration de la problématique du climat principalement via la régénération et la préservation d’écosystèmes (agroforesterie, reforestation et conservation forestière). Dans la région nord du Pérou, la FUNDAVI est l’un de ses relais sur place. Encouragée par le gouvernement péruvien, la fondation a développé le projet REDD+ dont un des objectifs est de proposer aux producteurs des revenus complémentaires à la culture du cacao. C’est sur ce genre de projet que nous travaillons en ce moment : Laure travaille sur le thème des Choco Productos, Candice sur le miel, et Miren sur les plantes médicinales.

Les 3 projets n’en sont pas au même point d’avancement.

  1. Les Choco Productos

La production de Choco Productos, mélanges de farine de cacao et de farine de céréales, développés par des comités d’entrepreneurs (en majorité des femmes), est le plus avancé au sein des projets « REDD+ » puisqu’il a été mis en place mi-2012. L’objectif de Laure est d’améliorer le processus productif, bien que déjà bien établi, ainsi que le volume de ventes et de préciser leur positionnement marketing.

Le long du Rio Huayabamba, il existe 4 types de Choco Productos :

  • Le Choco Arroz, produit par Huicungo, un mélange de cacao et de riz
  • Le Choco Maiz, produit par Pucallpillo, un mélange de cacao et de mais
  • Le Choco Trigo, produit par Santa Rosa, un mélange de cacao et de blé
  • Le Choco Platano, produit par Dos de Mayo, un mélange de cacao et de banane plantain

Laure s’est rendue pendant 2 semaines dans ces 4 communautés, afin de découvrir l’environnement dans lequel ils sont produits, la chaîne de production, calculer les coûts de production et organiser la venue de ces entrepreneurs sur le Salon du Chocolat et du Cacao qui s’est déroulé à Juanjui fin juin.

Aujourd’hui, les chocoproductos sont produits de façon artisanale et en faible quantité. Comme vous pourrez le voir ci-dessous, les entrepreneurs récoltent le cacao, le dépulpent, le font fermenter puis sécher, toastent le grain de cacao sec, retirent la coquille du grain et enfin le moulent pour en sortir de la pâte de cacao. Une fois la pâte produite, chaque comité la mélange avec la farine de céréale qui est propre à son produit (blé, mais, banane plantain ou encore riz). Le mélange est alors moulu à nouveau au avant d’être soigneusement pesé puis emballé et envoyé aux clients par  voie fluviale.

Production de Choco Producto

Production de Choco Producto

Certains comités d’entrepreneurs ont investi dans une machine pour moudre le cacao ou encore la farine de banane plantain. Mais malgré une certaine homogénéité dans leur technique de production, chaque comité produit, à sa façon, une quantité qui lui est propre en fonction des commandes de chacun. Afin de pouvoir répondre à une plus grande demande ou démarcher des clients plus importants, Laure est en train de mettre en place une stratégie de production homogénéisée à travers l’utilisation de machines semi-industrielles obtenues par le comité d’entrepreneurs de Huincungo et via l’intermédiaire de la municipalité.

Cette session terrain au sein des communautés lui a également permis de se rendre compte qu’un des comités avait arrêté sa production depuis 1 an, un challenge de plus à résoudre : les relancer et les remotiver et c’est  presque chose faite ! Mais cela lui a également permis de découvrir la technique de récolte du cacao (la très grande majorité des habitants en sont producteurs), de rencontrer des gens formidables, le tout au sein de paysages grandioses.

En bref, elle est séduite par sa mission ainsi que par cette région et ne manquera pas d’y revenir !

Laure et le Comité d'entrepreneurs de Pucallpillo

Laure et le Comité d’entrepreneurs de Pucallpillo

  1. Le miel

Mais le projet REDD+, ce ne sont pas seulement les chocoproductos ! Comme nous vous l’avons expliqué en introduction, l’apiculture est l’une des sources de revenus complémentaires que la FUNDAVI propose aux producteurs de l’Alto Huayabamba. Depuis juin 2013, ceux qui le souhaitent reçoivent  entre 4 et 7 ruches de la part de la fondation. Mais attention, ceci n’est pas un simple don : chacun d’eux s’engage à rembourser sur plusieurs années, le coût des ruches reçues. Le montant du remboursement est déterminé en fonction de la quantité de miel qu’ils produisent chaque année.

Mais pourquoi l’apiculture ?  En accompagnant Dean (l’ingénieur spécialisé) sur le terrain, Candice en a beaucoup appris sur ce produit aux mille facettes ! Fabriqué par les abeilles qui butinent le nectar des fleurs, le miel est un aliment 100% naturel utilisé par l’Homme depuis l’Antiquité. Son usage est multiple : alimentaire bien sûr, mais aussi riche en vertus thérapeutiques, le miel est exploité dans les industries cosmétiques et chimiques. Les débouchés sont donc multiples pour nos apprentis apiculteurs, sans compter les autres produits tels que la cire, la gelée royale, le pollen ou encore la propolis. Un autre avantage de cette activité est qu’elle requiert très peu de travail de la part de l’agriculteur: la majeure partie est réalisée par les abeilles, de manière totalement gratuite ! Que des avantages donc, comment passer à côté d’une telle opportunité offerte par la nature ?

Production du miel

Production du miel

Au moment où l’on écrit ces lignes, le miel est produit dans 6 communautés : Mojarras, Pizarro, Santa Rosa et Marisol pour la région de l’Alto Huayabamba. Ajoutons les villages d’Añazco et de Canaán dans la zone Nord-Orientale du département, très difficilement accessibles : il faut 3 à 4 jours de marche à travers la jungle pour les atteindre, ce qui explique pourquoi notre aventurière équitable n’a pas pu s’y rendre, faute de temps ! Mais avant la fin de l’année, ce sont 12 producteurs supplémentaires de l’Alto Huayabamba qui recevront 5 ruches chacun. L’activité est donc en pleine expansion !

Apres avoir observé tout le processus productif du miel sur le terrain, avoir échangé avec les apiculteurs et écouté attentivement les paroles d’or de Dean, Candice avait récolté toutes les informations nécessaires pour la réalisation de sa mission : l’élaboration d’un Business Plan pour la filière du miel organique. Cela inclut un plan marketing, un plan de production et un plan des coûts. C’est donc un énorme travail qu’elle réalise en ce moment même à Juanjui.

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Candice l’apicultrice !

A la suite de son propre travail sur le terrain, Candice est restée 10 jours supplémentaires dans la communauté de Pucallpillo pour venir en aide à Miren sur l’inventaire mené par cette dernière.

La suite dans le prochain paragraphe !

  1. Le Sangre de Grado

Le Sangre de Grado est un arbre dont la sève rouge est précieuse : les péruviens, tout comme le secteur des cosmétiques à l’international, l’utilisent pour ses propriétés cicatrisantes puissantes. Il peut aussi être administré afin de guérir les ulcères ou encore diminuer des diarrhées aigües expérimentées par les porteurs du VIH. Par ailleurs, son bois se trouve être un excellent isolant sonore.

Cette ressource, jusqu’alors inexploitée par les producteurs de l’Alto Huyabamba, est une source potentielle de revenus complémentaires au cacao, au même titre que le miel. Pour cette raison, la communauté de Pucallpillo a été choisie comme projet-pilote : il servira ensuite de modèle duplicable aux autres communautés pour la création d’une exploitation durable de Sangre de Grado.

Les 2 semaines passées sur le terrain ont permis de faire l’inventaire du potentiel de Sangre de Grado d’une vingtaine d’agriculteurs : grâce au soutien de 3 équipes et de Candice, plus de 900 plantes ont été identifiées, mesurées, photographiées, presque disséquées sur près de 60 hectares parcourus ! Ce fut également l’occasion d’expérimenter diverses méthodes de récolte. Le rendement de ce latex est très capricieux : il dépend de la saison des pluies, du diamètre du tronc, du moment de la journée, mais aussi du cycle lunaire. Il faut donc veiller à choisir la méthode la plus optimale possible en termes de rendements, sans pour autant faire de concession sur le respect de l’environnement.

Réunion de travail avec les équipes de l’inventaire

Réunion de travail avec les équipes de l’inventaire

Récolte matinale de Sangre de Grado

Récolte matinale de Sangre de Grado

De retour dans les locaux de la FUNDAVI à Juanjui, Miren s’est attelée au traitement de ces données : elle les a utilisées comme base d’une projection de production allant jusqu’à 2022. Le diamètre de cet arbre croît de 3,5 cm par an, c’est donc un travail sur le long terme ! Ce plan est accompagné de la rédaction d’un livret référence sur le thème du Sangre de Grado, ses caractéristiques scientifiques, sa chaîne de valeur, les techniques de récolte, ainsi que d’une méthodologie du pilotage d’inventaire.

Il est maintenant temps de vous faire rêver avec quelques photos de cet endroit paradisiaque !

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Descente du Rio Huayabamba en bateau

Plusieurs variété de cacao, très présentes dans la région

Plusieurs variété de cacao, très présentes dans la région

Un centre de séchage des grains de cacao

Un centre de séchage des grains de cacao

Même les toilettes sont remplis de charme !

Même les toilettes sont remplis de charme !

Une cuisine dans la communauté de Santa Rosa

Une cuisine dans la communauté de Santa Rosa

Douche dans le Rio Huayabamba

Douche dans le Rio Huayabamba

A bientôt pour le récit de nos derniers jours en Amérique Latine 😦

Laure, Candice et Miren

 

 

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